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Quand petit et grand chiens cohabitent

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RACE(S) : toutes


Par Laurence Bruder Sergent, comportementaliste, formatrice de comportementalistes et directrice d'OPERRHA Grand Est (Organisme Privé d’Enseignement et de Recherche sur les Relations Homme / Animal)



Peut-il y avoir une bonne cohabitation entre deux chiens de tailles très distinctes ? Comment gérer la situation quand l’un pèse quelques kilos, et l’autre dépasse les 60 ?


Nous nous inquiétons souvent pour nos chiens, de peur qu’ils se blessent par maladresse ou inadvertance. Intervenant de manière intempestive, les séparant très vite avant même qu’ils aient fait connaissance, nous les empêchons de procéder comme ils l’entendent.


Vivre les expériences pour en faire l’apprentissage


 On ne dira jamais assez : il est indispensable à tout être vivant de vivre les situations pour en faire l’apprentissage. Ainsi, si nous ne laissons pas nos chiens expérimenter des rencontres entre chiens, mélangeant les tailles et les races, on ne leur laisse pas la possibilité d’apprendre à s’adapter.
D’autre part, si nous anticipons les risques avant même qu’ils se produisent, nous alimentons notre propre appréhension et l’animal n’a toujours pas progressé !
Attention, il ne s’agit pas de laisser son compagnon seul dans la cour du voisin qui possède plusieurs chiens mal canalisés. Il est évident qu’il faut prendre ses précautions, et encore plus lorsque l’on sait qu’il y a des éléments sur lesquels on n’a aucune prise.
En revanche, je propose qu’on laisse la possibilité aux chiens, quand c’est possible, de vivre les évènements à leur manière : contact avec un autre animal, sortie dans un nouveau lieu, cohabitation avec un individu sensiblement différent dans le tempérament et la morphologie, etc.



Illustration : Lisa Marcel Isirdi, Le blog de Vaudoo


Des masses corporelles variables


 Un petit chien de quelques kilos devra faire l’apprentissage qu’il est difficile de pratiquer un jeu de corps à corps avec son congénère beaucoup plus volumineux que lui. Mais si on lui en laisse la possibilité, il mémorisera qu’il peut partager un jouet, ronger le même bout de bois, prendre place à côté de lui sur le tapis. Par contre, il vaudra mieux qu’il le laisse passer dans l’escalier ou alors, qu’il soit beaucoup plus rapide pour qu’ils ne se percutent pas, car cela ne tournerait pas à son avantage.

Quant au molosse, plus lent du fait de son volume mais plus puissant, il devra savoir gérer sa force et saisir qu’il ne peut pas donner un coup de patte avec la même robustesse si l’autre est un petit toutou, un enfant humain ou un adulte.


Les chiens sont parfaitement capables d’ajuster leur force physique s’ils y sont habitués, et cela n’empêchera pas, souvent, le plus petit de prendre le dessus.


Des règles simples


Il faudra s’assurer que chacun ait une possibilité de se retirer dans un endroit tranquille s’il est inquiet ou agacé et veiller à ne pas accorder de privilège à l’un plus qu’à l’autre, sous peine d’engendrer, peut être, un conflit.
En fonction des tempéraments, de leurs âges et de la longueur de leur relation, s’ils ont grandi ensemble par exemple, ou si on les fait cohabiter alors qu’au moins l’un des deux est là depuis longtemps, cette habituation prendre plus ou moins de temps.



Illustration : Lisa Marcel Isirdi, Le blog de Vaudoo


 


 


Source : Laurence Bruder Sergent, comportementaliste et formatrice, auteur des livres "la cause des chiens", "mon chien est quelqu'un de bien" et co-auteur de  "j'éduque mon chien moi-même"
www.comportement-canin.com
www.formationcomportementaliste.com



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