L'Ecole du Chiot
 

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L'Ecole du Chiot

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RACE(S) : toutes


 


 


L’Ecole du Chiot, réunion suivie par Serge Sanchès.


Objectifs de ces maternelles du chiot


Apprendre au maître à éduquer, élever, nourrir son chien, dès la sortie de l’élevage, à 2 ou 3 mois.
On dénombrait en France (en juin 2009) 251 écoles pour 5.117 chiots accueillis. La région la plus dynamique est la Rhône-Alpes, avec 34 écoles ayant reçu 1.482 chiots.


Suite à ces expériences, la SCC a décidé de véritablement lancer ces Ecoles.
Il naît (ou arrive) en France entre 700.000 et 1 million de chiots par an dont pour l’instant seulement 1% entrent à l’Ecole du Chiot.
D’après Patrick Pailhas, directeur chez Royal Canin, les gens ne s’intéressent pas assez à l’éducation de leur chiot car ils n’en ressentent pas le besoin. Ils ont élevé un enfant donc, ils pensent savoir comment faire. Ils confondent éducation et dressage, ne connaissent pas l’Ecole du chiot et ne savent pas qu’il existe un Club d’Education près de chez eux.


 


L’implication de vétérinaires


Le Docteur Vétérinaire Alexandre Balzer, membre de la CNEAC (Commission Nationale d’Education et d’Activités Cynophiles), explique que les neurones du chiot non stimulés avant 4 à 6 mois se dégradent rapidement, preuve scientifique de la nécessité de stimuler au maximum le chiot dès ses premiers jours.
L’Ecole du Chiot contribue à cette éducation et permet de détecter précocement les problèmes locomoteurs par exemple, précise-t-il ; à trois mois, les solutions sont faciles à trouver, à un an, c’est plus difficile. Il reconnaît que la plupart des vétérinaires ont peu de compétence en matière d’éducation du chien : « Et en vingt minutes de consultation médicale, le vétérinaire n’a pas le temps d’informer un maître. Les éducateurs sont donc un relais indispensable ».
La CNEAC estime ne pouvoir se passer de la compétence des « vétérinaires cynophiles » qui interviendront lors de tous les stages de formation des moniteurs d’Ecole du Chiot.



Voici quelques modules de l'enseignement des moniteurs :

- les différentes phases évolutives du chien, de 2 à 18 mois,
- l’inné et l’acquis,
- les modes de communication : la parole, le geste,
- croissance et soins courants, afin de pouvoir répondre aux questions habituelles que se posent les maîtres,
- risques de l’exercice trop précoces ; respect des temps de récupération du chiot,
- les soins courants (vaccinations, vermifuges…),
- les pathologies propres au chiot : troubles respiratoires, de l’équilibre…
- les troubles de comportement : chien agressif, peureux…


Face à un chien au comportement perturbé, trop de vétérinaires ont pour seule réponse le médicament. Il est vrai que les maîtres attendent un résultat immédiat, et un vétérinaire ne peut pas éduquer un chiot.
« Je milite pour que les vétérinaires et les éducateurs canins travaillent ensemble, confirme le Dr Balzer. Nous ne sommes pas concurrents ».
Il faudrait donc que rapidement la plupart des vétérinaires en exercice libéral travaillent de concert avec l’Ecole du Chiot de leur localité.



La séance à l’Ecole du Chiot


L’Ecole du Chiot s’adresse aux chiots de 2 à 6 mois. Comment se déroule une séance ?
Les maîtres restent à l’extérieur du périmètre. La leçon commence par un jeu libre qui permet aux chiots de se positionner dans cet espace et de révéler les tempéraments (suiveur, dominant, peureux…).
Après 5-10 minutes, lorsque la communication s’est établie entre les chiots, le moniteur commence à intervenir.
René Villela insiste sur l’utilité du « chien régulateur ». Sa principale qualité est sa capacité à intervenir avec sagesse. Il est capable d’aller chercher un chiot isolé en lui apportant une balle, et de le stimuler. Ces aptitudes sont innées et ne s’apprennent pas : « le chien régulateur n’est surtout pas celui qui se jette sur deux chiots qui s’accrochent » précise l’éducateur. Il ne répond pas à une agression. Parfois ce rôle est tenu par un jeune ayant participé à trois mois d’école.
La plupart des chiots souffrent d’un déficit de communication et le jeu permet une ouverture vers l’autre. En grandissant, les chiots ont tendance à jouer entre eux et le moniteur doit les attirer vers leurs maîtres.
L’image de l’Ecole du Chiot n’est pas uniquement le jeu. Ce n’est pas une cour de récréation, mais un cours récréatif. Le jeu a une fonction éducative, il se dirige.
Tout au long de la journée, les éducateurs présents sont intervenus pour questionner, exprimer une différence, apporter un témoignage. Beaucoup reconnaissent que cette Ecole du Chiot permettrait un apprentissage précoce.



Le matériel nécessaire


S’il fallait choisir seulement trois obstacles, seraient sélectionnés le tunnel, si possible transparent, un tapis de sol pliable à sensations, et un élément instable monté sur ressort.
Trois autres éléments sont cités : le pont singe, le couloir d’obstacle pour le rappel et le miroir incassable. D’autres idées fusent de l’assistance : des silhouettes de chiens ludiques, un CD de bruitage, une boîte à odeurs, etc.



Sur le terrain


Le clicker, un instrument merveilleux, a été l’objet de toutes les attentions. Ce clic-clac percutant permet de donner une indication au chiot, d’attirer son attention sur un exercice. Notre moniteur conseille de commencer l’apprentissage du clicker en laissant tomber de la nourriture au sol ; au moment où le chiot ramasse cette petite friandise, le maître « clicke » ; cela pendant huit à dix jours. Le son du clicker devient ainsi corollaire de bien-être. Un moniteur sur cinq utilise cet outil. Son utilisation en groupe ne pose aucun problème, car chaque chiot n’écoute que celui de son maître qui apprend ainsi à ne pas parler inutilement.
Rappelons que le clicker n’est pas une méthode, c’est un outil.



 


La friandise est un remarquable moyen d’éducation du chiot. « L’intérêt n’est pas que le chiot soit concentré sur sa nourriture, explique la monitrice, mais sur ce qu’il doit faire pour l’obtenir. Et quand on a obtenu qu’il fasse l’exercice avec friandise, on donne simplement l’ordre et on récompense de façon détournée ».



Corinne Martin fait une démonstration avec un bébé Berger des Pyrénées plutôt réticent à monter sur une plateforme instable. Elle pose une friandise que le chiot prend en gardant les 4 pattes au sol. Puis elle en pose une autre un peu plus loin jusqu’à l’obliger à mettre une patte sur l’obstacle.
Tout cela se passe sans une parole.




Corinne Martin explique également comment obtenir une marche en laisse à l’aide d’une récompense : « la croquette ne doit pas remplacer la laisse. Le chiot ne suit pas une récompense. Il l’obtient, s’il fait ce qu’on lui demande. Dans la marche au pied, il suit la main libre. La croquette n’est pas un leurre, c’est une récompense qu’il obtiendra après la réussite de l’exercice ».
Elle poursuit par la marche en laisse sans tirer : « Dès que la longue laisse est tendue, dès que le chien tire, on s’arrête et on l’appelle. Quand la longe est détendue, on le félicite et on repart. S’il retend, on s’arrête. En deux jours, il apprend à ne plus tirer sur sa laisse. Avec un Rottweiler de 5 ans, cela prend 8 jours. Le chien n’est pas collé au maître, mais il marche sans tirer et le but est atteint. »



Apprenons à bien nourrir nos chiens


Comparons le Chien et l’Homme :
Pour l’homme la couleur est importante, chez le chien, non : il voit le jaune, le bleu, le vert. Son choix alimentaire est basé sur son seul odorat. Il est vrai qu’il dispose de 80 millions de cellules olfactives (10 millions chez l’homme).
A l’inverse, nous totalisons environ 9.000 cellules gustatives, pour 500 chez le chien.
L’homme mastique les aliments, et la salive a une première action digestive. Le chien engloutit des aliments solides dans son estomac volumineux.
Chez l’homme, l’estomac de 1,3 litres représente 10% du tube digestif. Chez un Dogue Allemand, l’estomac a une capacité de 7 litres (60% du tube digestif).
Contrairement à l’homme, le chien digère mal les glucides. Il se procure l’énergie dans les lipides et sa flore intestinale est très ciblée. Il est donc incapable de s’adapter à des changements fréquents d’alimentation, le chiot. Si l’Homme aime varier ses repas, cela est mauvais pour les chiens !


Mais les choses se compliquent chez le chien avec les différences de taille et de poids : de 1 à 90 kilogrammes.
Les chiens de petite taille ont une croissance rapide. Le Chihuahua grandit jusqu’à 8 mois maximum. Une race géante atteint son maximum à deux ans. Le pic de croissance est également différent : vers 2 mois chez les races naines, 4-5 mois pour un molosse.


Quant au chiot, il naît sans aucune défense immunitaire. Après 24 à 36 heures, sa mère lui a transféré des anticorps par le colostrum (1er lait). Mais à quatre semaines, beaucoup de chiots n’ont plus de protection, d’où la nécessité de les vacciner vers 7 semaines.
Un autre danger menace le chiot : les risques digestifs. Une diarrhée n’est jamais anodine.


Enfin, plus un chien est grand, plus il a de risques ostéo-articulaires. En 4 mois, un Léonberg passe de 600 grammes à 25 kilogrammes, quatre mois plus tard il pèse 44 kg.
Tout excès d’énergie entraîne un excès de poids sur un squelette en cours de construction. Il importe donc de toujours respecter les quantités conseillées par le fabricant d’aliments ou votre vétérinaire, et de tenir compte de l'activité physique du chien, ainsi que de son état physiologique (âge, santé, gestation, etc.).



Quelques facteurs pouvant altérer la croissance du chiot :

- l’alimentation, par l’excès d’énergie ou de calcium,
- les facteurs génétiques,
- l’environnement : exercices trop violents, sol de chenil glissant (en carrelage par exemple) ou mouillé, etc.



Source : Serge Sanchès pour la Revue Officielle de la Cynophilie Française (ROCF) n° 147.

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