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Atrophie Progressive de la Rétine (APR)

chiot boxer

RACE(S) : toutes


par le Dr vétérinaire Karine Le Bleis


L’Atrophie Progressive de la Rétine ou rétinite pigmentaire, est une maladie monogénique autosomale récessive très fréquente dans les races Labrador retriever, Cockers anglais et américains, Caniches nains et toy. Elle entraine une perte progressive de la vision jusqu’à atteindre une perte totale (cécité).


L’Atrophie Progressive de la Rétine (APR) est une maladie héréditaire due à la défectuosité d’un seul gène (monogénique), non liée au sexe de l’individu (autosomale) et nécessitant la transmission du gène défectueux par chacun des deux parents à la descendance (récessive).

Elle fait partie, en France, des maladies d’origine génétique inclues dans les Vices Rédhibitoires et nécessite donc un diagnostic précoce dans un délai d’un mois au plus, après achat du chien, pour intenter une action en justice si le chiot est atteint.
Elle peut également être acquise suite à une autre pathologie (Maladie de carré, diabète, glaucome par exemple).


 Pathogénie et symptômes


Cette pathologie entraine une atteinte de la couche sensorielle de la rétine contenant les photorécepteurs (cônes et bâtonnets), ceux-ci dégénèrent progressivement entrainant une perte de vision nocturne d’abord, puis des troubles visuels diurnes pour amener à une perte totale de la vision (cécité) entre l’âge de 2 à 8 ans : on parle alors de forme généralisée.
L’atrophie progressive de la rétine peut se déclarer plus ou moins précocement, de 6 mois à 5 ans, en fonction des races atteintes.
Le chien peut présenter une gêne lors de passages d’un milieu éclairé à un milieu sombre, une difficulté à voir dans la pénombre ou la nuit, une moins bonne vision des objets éloignés (myopie précoce).
Les yeux semblent plus brillants et reflétants, les pupilles sont plus dilatées qu’à la normale et le réflexe pupillaire à la lumière est très diminué. Il peut se développer en parallèle une cataracte secondaire (opacification du cristallin).


Comment établir un diagnostic fiable ?


Il est possible d’effectuer un simple examen oculaire avec un ophtalmoscope aux vues des signes cliniques rapportés par le propriétaire lors de la consultation, pour mettre en évidence l’atrophie rétinienne (examen de fond d’œil annuel pour confirmer le chien indemne).  
(Illustration Œil sain / Œil atteint, examen de fond d’œil).

 L’électrorétinogramme (ERG) qui permet de mesurer l’activité électrique de la rétine et son bon fonctionnement, permet d’obtenir un diagnostic de certitude.

Il existe également un test de dépistage génétique, fiable à 100%, commercialisé depuis 2005 par la Société OPTIGEN et proposé depuis 2006 par la Société ANTAGENE. Il est réalisable dès la naissance à partir d’un simple écouvillon buccal (prélèvement de salive), et réalisé une seule fois. Les résultats sont obtenus sous 4 à 6 semaines (prélèvements expédiés dans un laboratoire aux Etats-Unis).


 Pourquoi dépister votre chien ?


Il est important de pouvoir tester de façon précoce les chiens afin de pouvoir déceler les individus atteints (porteurs des 2 copies de gènes « malade ») des individus porteurs sains (porteur d’1 copie de gène « malade » et d’1 copie de gène « sain »).
Ceci afin d’exclure du circuit de reproduction les individus atteints, donc malades ; et de pouvoir contrôler les croisements en sélectionnant les reproducteurs.
Ceci ne veut pas dire exclure de la reproduction tous les porteurs sains, sinon l’appauvrissement génétique des lignées se ferait vite ressentir au fil des générations. Il convient par contre d’être vigilant sur les croisements utilisant des « porteurs sains » en les accouplant uniquement avec des individus « sains » normaux.
Ceci permettra donc d’obtenir des portées de chiots « sains » et « porteurs sains ».
Rappelons que pour s’exprimer cette pathologie récessive a besoin des 2 copies du gène malade (individus portant 1 gène « malade » du père et un gène « malade » de la mère)


GLOSSAIRE :

Monogénique : maladie pour laquelle un seul gène est impliqué.

Autosomale : maladie pour laquelle le chromosome porteur du gène altéré est un chromosome autosome, donc non sexuel (X ou Y).

Récessive : maladie pour laquelle l’expression n’est possible que si les deux parents ont transmis la copie du gène altéré à la descendance.

Porteur sain : individu porteur d’une copie du gène sain et d’une copie du gène altéré, capable donc de transmettre à son tour le gène altéré à la descendance.


 


 


 


Dernière mise à jour : Juin 2010




 



 


 

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