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LES RACES CANINES A FAIBLE EFFECTIF ( - de 100 naissances par an) :
LE BRAQUE SAINT-GERMAIN Origine : Bassin parisien Population estimée : 563 individus Crée par M. De CHERVILLE, veneur du Roi Charles X vers 1830, ce chien est un demi-sang Braque Français ayant subi des apports de Pointer. De couleur blanc-orange avec truffe rose, ce type de Braque est parfaitement représenté dès 1720 sur des tableaux des peintres royaux DESPORTES et OUDRY. Ce chien d’arrêt, seul Braque français à queue longue, descendant direct du type des chiens des chenils royaux est toujours très adapté aux critères cynégétiques actuels. Cette race présente tous les atouts pour sortir de son statut de patrimoine génétique à faible effectif.

LE BRAQUE DE L’ARIEGE Origine : Région de Toulouse et contreforts pyrénéens Population estimée : 210 individus Vieux type de braque lourd du midi à robe claire. Cette race, très récemment régénérée, a subi, au cours des deux derniers siècles un allégement dû à l’influence du type britannique, différent du type méditerranéen traditionnellement plus lourd. Il est trop tôt pour prévoir la réussite ou l’échec de cette régénération, mais le succès est assurément subordonné à une adaptation à son milieu d’utilisation.

L’EPAGNEUL de PONT-AUDEMER Origine : Basse Normandie Population estimée : 306 individus Cet épagneul d’eau à poil frisé est probablement apparenté à d’anciens Spaniels ou chiens d’eau britanniques. Il est parfois cité le fait d’une propension à bourrer le gibier rapidement après l’arrêt, caractéristique des épagneuls polyvalents de race allemande de type Munsterlander ou des Spaniels britanniques. Cet épagneul devra démontrer un goût prononcé pour la chasse dans les milieux difficiles pour se développer.
L’EPAGNEUL PICARD Origine : Picardie Population estimée : 817 individus Cette variété de l’Epagneul français, marquée peut-être de sang setters, est très peu connue en dehors de sa région d’origine. On le dit très bon chasseur au marais et ce serait un excellent retriever. Une variété très proche est l’Epagneul Bleu de Picardie.

LE BARBET Origine : Ouest de la France Population estimée : 202 individus Ce chien d’eau, de régénération récente, est surtout connu pour être l’ancêtre du Caniche mondialement connu. Son emploi exclusif à la chasse aux marais en tant que rapporteur et retrouveur (Retriever) de gibier l’a soumis à une concurrence sur le terrain avec les retrievers britanniques. Le pelage de ces derniers, semblable à celui des loutres (graisse sous-cutanée, poil court et gras avec sous-poil dense) leur a permis de s’imposer face au poil frisé et cordé, crotté et long à sécher des chiens d’eau. Le Barbet est désormais parfois utilisé comme chien truffier sur l’exemple de son cousin italien, le Lagotto Romagnolo.

LE CHIEN d’ARTOIS Origine : Nord de la France Population estimée : 573 individus En France, on classe les chiens courants en quatre tailles de deux conformités: Grand chien et Briquet, Grand et Petit Basset. Le Chien d’Artois, (ou Briquet d’Artois) est réputé sur la voie du loup et du lièvre. Si lors des brevets de chasse il parvient à s’élever au niveau de performance de ses concurrents, autres Briquets français, Beagle-Harrier et Anglo-Français de Petite Vénerie, il devrait quitter rapidement son statut de race rare.

LE BOUVIER DES ARDENNES Origine : Belgique et Nord-Est de la France Population estimée : 55 individus Petit bouvier parfaitement décrit dès le début du siècle pour son aptitude à diriger les troupeaux de bovins et de porcs élevés dans les forêts du massif des Ardennes, il serait également réputé pour la chasse du sanglier (on retrouve l’intérêt pour l’espèce porcine domestique et sauvage décrite pour le CURSINU). M.DAMBRAIN, grand cynophile belge, travaille sur la régénération de cette vieille race.
LES ACTIONS POSSIBLES :
- La reconnaissance des races vulnérables Une reconnaissance nationale voire internationale est un premier pas indispensable à la protection d’une race locale. C’est pourquoi la SCC a engagé plusieurs actions au cours des dernières années, qui ont mené à la reconnaissance officielle de l’Epagneul Saint-Usuge et du Cursinu, qui pourraient être rejoints par le Berger des Alpes dans les prochaines années. D’autres actions pourraient être engagées sur des populations. telles que le Berger de la Crau. Il convient aussi de communiquer autour de ces races, afin que le grand public prenne connaissance de leur existence, et puisse participer au maintien de ces populations.
- Les conservatoires Maintenir une partie de la population d’une race au sein d’élevages institutionnalisés peut être une solution temporaire pour sauvegarder une race menacée. Un conservatoire a existé au cours des années 90 et accueillait un peu plus d’une vingtaine de chiens de chasse issus de populations à petit effectifs. Il n’existe cependant plus à l’heure actuelle de telles institutions.
- Le maintien de la diversité au sein des populations Un des principaux périls qui guette les populations à faibles effectifs est une érosion de la diversité génétique à l’intérieur de la race. La consanguinité devient alors généralisée et les risques d’apparition de problèmes génétiques importants. Il convient donc alors d’éviter les accouplements qui apportent trop de consanguinité, d’utiliser de manière équilibrée tous les reproducteurs et éventuellement d’autoriser un croisement de « retrempe », avec une autre race. Il est alors nécessaire de choisir une race assez proche afin d’éviter que la race en soit trop modifiée.
- La cryobanque Une des solutions récemment développée pour conserver les ressources génétiques d’une race, consiste à conserver, par exemple, un stock de semences sous forme congelée. Elle n’est pas encore utilisée pour le chien, mais des discussions ont été engagées autour de ce sujet.
LES PARTENAIRES SCIENTIFIQUES ET LE CADRE INSTITUTIONNEL :
Le Bureau des Ressources Génétiques (BRG) : chargé d’inventorier les ressources génétiques animales et végétales, le BRG est un des principaux acteurs qui travaillent pour le maintien de la diversité génétique animale, végétale, et microbienne. Le réseau biodiversité animale : ce réseau, initié au départ par le Ministère de l’Agriculture (DGER), est suivi par diverses structures (Institut de l’Elevage, Société Française d’Ethnozootechnie, Pro Natura France, etc.) qui s’efforcent de recenser tous les sites d’accueil, lycées agricoles, fermes pédagogiques, espaces naturels susceptibles de recevoir et d’entretenir des troupeaux d’espèces rares d’animaux de rente. La zootechnie des Ecoles Vétérinaires : le professeur DENIS de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes et le professeur COURREAU de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort, tous deux professeurs de zootechnie sont des défenseurs de la biodiversité. Ils sont membres de la Commission Zootechnique de la Société Centrale Canine et sont les maîtres d’œuvre du programme de préservation pour l’espèce canine.
Ces différents organismes sont sous l’autorité du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche qui est également notre Ministère de tutelle.
CONCLUSION
Le maintien de la biodiversité au sein de l’espèce canine fait partie des buts statutaires et des délégations du service public de la Société Centrale Canine. Sa Commission d’Elevage et sa Commission Zootechnique doivent suivre et gérer les attentes en matière de recherche, de maintien et de développement des cheptels, de l’indexation des performances, du dynamisme associatif en relation avec les partenariats scientifiques et économiques. Ces races peuvent constituer souvent des sous-populations à l’intérieur de familles (Epagneul Picard, Pont-Audemer et Saint-Usuge au sein des épagneuls français). Cependant, sauvegarder ces populations contribue à protéger la diversité de l’espèce canine dans son ensemble. Même si certaines de ces races ne sont actuellement plus ou presque plus utilisées pour le travail (Bouviers, etc.), une possible réorientation ultérieure des besoins vers une utilisation traditionnelle rend indispensable le maintien de ces races.
Grégoire Leroy
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