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10. Hyperplasie Glandulo-Kystique de l’utérus (HGK) et le pyomètre

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RACE(S) : toutes


 


 


Par le Dr Xavier LEVY et le Dr Philippe MIMOUNI du  Centre de Reproduction des Carnivores du Sud-ouest (CRECS)


L’hyperplasie glandulo-kystique  de l’utérus (HGK) correspond à une croissance excessive de la muqueuse utérine associée à la formation de petites cavités de rétention (kystes) dans l’ensemble de sa paroi.

L’HGK peut-être spontanée à la suite de cycles sexuels répétés (imprégnation répétée par la progestérone naturelle) ou induite par l’administration de traitements hormonaux destinés à empêcher les chaleurs de la chienne (progestérone de synthèse).

Le pyomètre (parfois dénommé «métrite») correspond à une accumulation de pus dans l’utérus. Le pyomètre est souvent associé à une HGK mais peut aussi apparaître sans.



 
Origine de l’HGK et du pyomètre



Les chiennes présentant des intervalles entre chaleurs courts (inférieur à 6 mois) ou les chiennes ayant reçues un traitement destiné à prévenir ou arrêter les chaleurs sont fortement prédisposées aux deux affections.
La progestérone induit une hypertrophie de l’utérus (nécessaire à une gestation) mais une sensibilité accrue de l’utérus de la chienne à l’hormone ou un apport excessif de progestérone peut engendrer une croissance excessive de sa muqueuse. L’utérus est alors fragilisé et plus sensible à une infection éventuelle : bactérienne le plus souvent lors de l’ouverture du col pendant les chaleurs ou  à la fin du métoestrus (2 mois après la fin des chaleurs).
C’est pour cela que la pilule est fortement contre-indiquée chez la chienne et particulièrement chez les chiennes destinées à se reproduire. Une fois peut malheureusement suffir à déclencher une HGK ou un pyomètre associé.


 


Epidémiologie



- Chiennes de 7 ans et plus.
- Chienne ayant reçue un traitement homronal : pilule ou injection à base de progestagènes
- Chienne avec cycle sexuel irrégulier : chaleurs prolongées (> 1mois), cycle court (< 6 mois)


 


Symptômes



Le pyomètre se produit dans la grande majorité des cas entre 1 et 3 mois après la fin des chaleurs.
Le pyomètre est dit à «col ouvert» dans 60% des cas ou à «col fermé».  Le col ouvert signifie que le col de l’utérus est dilaté et permet donc l’écoulement spontané du pus par la vulve. Le col fermé est plus «dangereux», aucune perte ne sont visible, le diagnostic est plus difficile et souvent la chienne amenée plus tardivement.
 
- Pertes vulvaires purulentes : jaune, blanc, vert, marron, rougeâtre. Aspect +- élastique.

- Vulve souillée / Léchage augmenté de la vulve par la chienne.

- Abattement, prostration

- Perte d’appétit

- Augmentation de la soif / augmentation des mictions (pipi)

- Vomissement (avec ou sans bol alimentaire dedans)

- Etat de choc (septicémie) : hypothermie, hypoglycémie, etc.

Attention : la fièvre est rare



Diagnostic



La suspicion est souvent forte suite au recueil de l’historique de la chienne et de l’examen clinique. Le diagnostic de certitude nécessite une radiographie ou une échographie (plus informatif).
Des examens sanguins sont nécessaires pour évaluer les répercussions du pyomètre : infection généralisée, insuffisance rénale, etc. et la gestion thérapeutique à envisager.


 
Photo 1 : échographie : corne utérine dilatée par du pus.
Notez la présence de kystes dans la paroi utérine


 



Photo 2 : radio pyomètre : notez la présence de tous les boudins blancs
(pus dilatant les cornes utérines)


 



Photo chirurgicale : utérus retiré.
Notez la dilatation des deux cornes par du pus.


 


Traitements



Nous détaillerons ici le traitement spécifique du  pyomètre et non la gestion d’un état de choc septique nécessitant une hospitalisation pour une mise sous perfusion, etc.

Les traitements pour l’HGK sont très nombreux et dépendent de sa cause, ils ne seront pas abordé ici : mise au repos de l’utérus plusieurs mois, etc.

Le traitement du pyomètre peut-être :
chirurgical par ablation des ovaires et de l’utérus (ovario-hystérectomie) : traitement de choix chez la chienne âgée ou la chienne non destinée à se reproduire.
médical. Depuis, une dizaine d’années, un protocole médical efficace a été mis au point.
Le traitement médical consiste, sous une couverture antibiotique adaptée, à vidanger le pus continu dans l’utérus (ouverture du col et contraction utérine) tout en freinant l’activité sécrétoire des glandes utérines.
Le protocole médical varie de 15 jours à 1 mois, selon le cas, et met en jeu un traitement anti-progestérone  associé à des injections d’hormones stimulant la contraction des muscles lisses utérins (prostaglandines).
Un suivi échographique et biologique de la chienne est indispensable : suivi de la guérison ou de l’échec thérapeutique.
L’utilisation de la vidéo-vaginoscopie permet depuis peu d’ouvrir le col «fermé» de certaines chiennes ne répondant pas à l’ouverture induite médicalement : les chiennes étaient avant stérilisées (échec thérapeutique).


 



Photo : Ouverture du col sous vidéo-vaginoscopie d’une chienne Teckel présentant un pyomètre à col fermé.
Notez l’importante inflammation du col de l’utérus.


N.B. : pendant la durée du traitement la première semaine, une baisse d’appétit est fréquente (léger amaigrissement de la chienne).


 


Pronostic



Il n’est pas possible de prédire qu’elle chienne aura un retour normal à la fertilité  en début de traitement.
Le traitement médical permet une guérison dans 90% des cas et un retour à la fertilité normale de la chienne dans environ 70% des cas.
Le risque de récidive du pyomètre est de 20% dans l’année (deux cycles sexuels). La mise à la reproduction aux prochaines chaleurs semble, si la chienne est gestante, prévenir les récidives.


C’est pour cela que le traitement est réservée aux chienne reproductrices ou présentant un risque anesthésique très élevé.


Attention : les chaleurs suivantes sont souvent rapprochées : 3 à 5 mois.


 


Texte et crédit photos : Dr Xavier LEVY et Dr Philippe MIMOUNI du  Centre de Reproduction des Carnivores du Sud-ouest (CRECS)

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