Exposition "Bêtes off" à la...
 

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Exposition "Bêtes off" à la Conciergerie jusqu'au 11/03/2012


Il y a 20 ou 30 ans, cette exposition n'aurait pas eu lieu, pour la plus simple des raisons : les animaux n'avaient pas encore repris leurs quartiers dans l'art actuel. Désormais, ils y pullulent, comme les sangliers dans les campagnes. Toutes nationalités et générations confondues, les artistes ont fait de nos amies les bêtes leurs meilleures collaboratrices.

 

Est-ce parce que des espèces disparaissent en nombre de plus en plus élevé qu'il est enfin urgent de leur témoigner attention ? Ou parce que les animaux sont les protagonistes nécessaires des fables, légendes et mythes dont l'époque manque si cruellement ? Ou parce que l'art, les ayant négligés de la fin du XIXe à celle du XXe siècle, les redécouvre avec enchantement ?

 

Cabinet de curiosités

 

L'abondance est telle que le Centre des monuments nationaux (CMN) en a fait une exposition complète, confiée à Claude d'Anthenaise, directeur du Musée de la chasse et de la nature. Il l'a d'abord présentée par pièces et morceaux dans les châteaux, abbayes et forteresses qu'il conserve, une oeuvre dans une salle d'armes, une autre dans un cloître. L'ensemble est désormais réuni sous les voûtes gothiques de la Conciergerie. Si vastes soient-elles, elles n'accueillent pas sans peine les travaux de quarante-cinq artistes, dont plusieurs installations de grandes dimensions. Contraint par le nombre et l'espace, l'accrochage hésite entre zoo et cabinet de curiosités, ce qui a du moins le mérite de rappeler aux visiteurs deux des modes historiques d'exposition de l'animalité en Occident.

 

Autre difficulté, le choix des oeuvres, d'autant plus compliqué que l'engouement est général. On comprend mal l'absence des peluches d'Annette Messager, des portraits d'animaux empaillés de Bettina Rheims, des photos et vidéos de chats ou de sangliers d'Adel Abdessemed. L'absence de la peinture ne s'explique pas mieux. A l'inverse, plusieurs présences ne s'expliquent que trop par un traitement du sujet illustratif, ou relevé d'un peu de fantastique prévisible.

 

Parmi les oeuvres les plus convaincantes, la vidéo domine, du Repas de famille d'Isabelle Lévénez, simple métamorphose qui crée le malaise, à un autre repas, celui des rapaces, provoqué et filmé par Greta Alfaro, digne disciple du grand Buñuel. On se rassérénera devant les oiseaux musiciens d'Ariane Michel, filmés dans l'installation de Céleste Boursier-Mougenot : des perruches dansant sur des cordes de guitare. Mais La Curée, de Tania Mouraud, fait retomber aussitôt dans l'inquiétude.

 

Côté sculpture, l'animal naturalisé et modifié sert beaucoup, cervidés, chouettes, mouches même. On admire le savoir-faire, sans en être ému. Ces démonstrations d'habileté sont loin d'être aussi intenses que la sculpture. Elle, de Gloria Friedmann, allégorie érotique, macabre, animalière et humaine à la fois, variation d'aujourd'hui sur des mythes anciens et ce que l'on aurait appelé autrefois un chef-d'oeuvre.

 

Bêtes off, Conciergerie. 2, boulevard du Palais, Paris (1er). Tél. : 01-53-40-60-80. Tous les jours de 9h30 à 18h. Entrée : 8,50 €. Jusqu'au 11 mars 2012.

 

Source : site Le Monde

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